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L’OMS valide l’élimination du trachome en tant que problème de santé publique en El Salvador

13 juillet 2026
Communiqué de presse
Genève/Washington/San Salvador
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L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a validé l’élimination du trachome en tant que problème de santé publique en El Salvador. Le trachome est la première cause infectieuse de cécité dans le monde.

« Je félicite El Salvador pour ce succès remarquable. Il témoigne du pouvoir de l’engagement politique, de l’investissement stratégique et de la mobilisation communautaire », a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS. « Ce succès d’El Salvador est essentiel pour éliminer le trachome à l’échelle mondiale d’ici à 2030 et il montre clairement qu’un avenir en meilleure santé et plus équitable est à portée de main », a-t-il ajouté. 

La validation est l’aboutissement d’une procédure rigoureuse, qui dure plusieurs années, destinée à déterminer si le trachome constitue un problème de santé publique dans le pays et à vérifier la capacité du système de santé à détecter d’éventuels cas futurs, à enquêter et à riposter.

Entre 2023 et 2026, El Salvador a mené des évaluations ciblées dans les communautés en fonction des facteurs de risque environnementaux et sociaux. Ces évaluations n’ont mis en évidence aucune transmission active du trachome. Aucun signe de la maladie n’a été détecté chez les enfants, et aucun cas au stade avancé susceptible d’entraîner une cécité n’a été détecté chez les adultes.

Ces résultats ont confirmé que le trachome ne constitue pas un problème de santé publique dans le pays.

« Cette validation montre qu’El Salvador s’est engagé à atteindre les populations les plus vulnérables et à produire des données solides montrant que le trachome n’est pas endémique dans le pays », a déclaré le Dr Jarbas Barbosa, Directeur de l’Organisation panaméricaine de la Santé (OPS). « C’est le fruit d’efforts soutenus pour atteindre les communautés, recenser les cas potentiels et s’assurer que personne n’est laissé pour compte. »

Les progrès d’El Salvador ont été rendus possibles grâce à une approche multisectorielle qui prévoit le renforcement des services de soins de santé primaires, des améliorations de l’approvisionnement en eau, de l’assainissement et de l’hygiène (EAH) et des services de santé oculaire, y compris pour la mesure de l’acuité visuelle chez les adultes, ainsi que la collaboration entre les pouvoirs publics, les communautés et les partenaires internationaux.

Le pays a également créé les conditions, dans le système de santé national, pour pérenniser ce succès. Il a notamment mis en place un personnel de santé formé, des mécanismes intégrés de surveillance, ainsi que des capacités de détection et de prise en charge des cas de trichiasis (retournement des cils vers l’intérieur de la paupière qui peut entraîner la cécité, à un stade avancé du trachome).

« La certification de l’élimination du trachome, fruit d’efforts nationaux soutenus, menés avec l’appui de l’Organisation panaméricaine de la Santé et de l’Ambassade du Canada, est un grand succès pour El Salvador », a déclaré le Ministre salvadorien de la santé, Francisco Alabi. « Nous sommes fiers d’avoir accompli cet exploit en trois ans à peine, en mettant en avant notre pays dans la Région et en améliorant la santé visuelle de notre population », a-t-il ajouté.

L’OPS a soutenu les efforts du pays dans le cadre de l’Initiative pour l’élimination du trachome dans les Amériques, en collaboration avec le Gouvernement canadien. Dans le cadre de la procédure de certification de l’élimination, les communautés touchées ont également pu bénéficier de services de santé intégrés lors des évaluations.

Le trachome, qui est dû à la bactérie Chlamydia trachomatis, se transmet par contact avec les sécrétions oculaires et nasales des personnes infectées. Des infections à répétition peuvent entraîner la formation de cicatrices sur la face interne de la paupière, provoquant un retournement des cils vers l’intérieur (trichiasis), ce qui peut, à terme, conduire à la cécité.

La maladie, qui est fortement associée à la pauvreté et aux inégalités d’accès aux services de base, y compris à l’EAH et aux soins de santé, reste endémique dans certaines des communautés les plus vulnérables du monde.

Dans les Amériques, le trachome reste un problème de santé publique dans les zones rurales et isolées du Brésil, de la Colombie, du Guatemala et du Pérou. Les efforts déployés au niveau régional pour étudier et mieux définir le statut épidémiologique du trachome ont également été élargis dans les pays où la maladie a été suspectée, notamment, l’Équateur, l’État plurinational de Bolivie, le Guyana, le Panama, le Paraguay et la République bolivarienne du Venezuela. El Salvador faisait partie de ces pays jusqu’à ce que l’achèvement des évaluations permette d’obtenir les données nécessaires à la validation par l’OMS de l’élimination du trachome.

L’OMS recommande que les pays où l’élimination du trachome a été certifiée conservent des systèmes de surveillance et garantissent un accès continu à des services d’ophtalmologie de qualité afin de prévenir la réapparition de la maladie.

Le trachome fait partie des plus de 30 maladies transmissibles et affections associées ciblées dans le cadre de l’Initiative de l’OPS d’élimination des maladies, qui vise à les éliminer dans les Amériques d’ici à 2030.

Les maladies tropicales négligées, telles que le trachome, ont des conséquences désastreuses pour la santé, la société et l’économie. Elles sévissent principalement dans les communautés défavorisées des régions tropicales.

La Feuille de route pour les maladies tropicales négligées 2021-2030 définit des objectifs de santé publique afin de combattre, d’éliminer et d’éradiquer ces maladies.

En 1996, l’OMS a créé l’Alliance pour l’élimination mondiale du trachome d’ici 2020 (GET 2020), ainsi qu’un réseau dont font partie des gouvernements, des organisations non gouvernementales et des établissements d’enseignement qui participent à la lutte contre le trachome. L’OMS continue d’aider les pays d’endémie à progresser plus vite afin que le trachome soit éliminé en tant que problème de santé publique à l’échelle mondiale d’ici à 2030.

L’élimination du trachome en tant que problème de santé publique est définie comme suit : i) prévalence du trichiasis trachomateux non connu du système de santé <0,2 % chez les personnes âgées de ≥15 ans ; ii) prévalence de l’inflammation trachomateuse-folliculaire <5 % chez les enfants âgés de 1 à 9 ans dans chaque zone où le trachome était auparavant endémique ; et iii) existence d’un système capable d’identifier et de prendre en charge les cas incidents de trichiasis trachomateux.

Les autres pays où l’OMS a validé l’élimination du trachome en tant que problème de santé publique sont l’Algérie, l’Arabie saoudite, l’Australie, le Bénin, le Burundi, le Cambodge, la Chine, l’Égypte, les Fidji, la Gambie, le Ghana, l’Inde, l’Iraq, la Libye, le Malawi, le Mali, le Maroc, la Mauritanie, le Mexique, le Myanmar, le Népal, Oman, le Pakistan, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, la République démocratique populaire lao, la République islamique d’Iran, le Sénégal, le Togo, la Tunisie, le Vanuatu et le Viet Nam.

El Salvador est le premier pays d’Amérique centrale et le deuxième des Amériques à parvenir à faire valider par l’OMS l’élimination du trachome. Grâce à cette validation, El Salvador rejoint 64 autres pays où l’OMS a validé l’élimination d’au moins une maladie tropicale négligée, dont sept se trouvent dans les Amériques.