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Cinquième séance de la Commission B lors de l’Assemblée mondiale de la Santé à Genève (Suisse), le 22 mai 2026.
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Soixante-Dix-Neuvième Assemblée mondiale de la Santé – Bulletin quotidien : 22 mai 2026

22 mai 2026
Note pour les médias

Les États Membres instaurent un processus conjoint pour appuyer les réformes de l’architecture de la santé mondiale

L’Assemblée mondiale de la Santé a décidé aujourd’hui d’instaurer un processus conjoint dirigé par les États Membres, hébergé par l’OMS et auxquels participeront des partenaires mondiaux du secteur de la santé, afin d’appuyer les réformes de l’architecture de la santé mondiale.

Elle a convenu que le processus devait permettre l’élaboration d’options et de recommandations concernant les réformes de l’architecture de la santé mondiale afin de répondre aux besoins spécifiques et collectifs des pays et des communautés pour maximiser l’accès, l’impact et l’équité. Ce processus devrait s’appuyer sur les initiatives existantes de réforme et sur les éléments pertinents de l’Initiative ONU80.

Les États Membres ont dit vivement apprécier le rôle fédérateur et normatif essentiel de l’OMS, soulignant que, si le processus est dirigé par les États Membres, il devrait être mené avec les initiatives de santé mondiale et les partenaires du système des Nations Unies, en associant étroitement les principales parties prenantes, notamment la société civile et les jeunes.

La proposition adoptée par l’Assemblée prend acte des améliorations sanitaires que l’architecture de la santé mondiale existante a permises ces dernières décennies, notamment en ce qui concerne la lutte contre les maladies, le renforcement des normes et des critères mondiaux, ainsi qu’une action collective plus efficace pour faire face aux menaces sanitaires transfrontalières. Mais les États Membres ont noté que cette architecture de la santé n’avait pas suivi les dernières évolutions mondiales, dont l’extension de la souveraineté nationale en matière de santé et des capacités régionales ; l’évolution de la charge de morbidité et des risques pour la santé ; l’évolution rapide de la science, de l’IA et des technologies numériques ; et la réduction du financement consacré à la santé.

De plus, le contexte mondial est devenu plus complexe en raison de l’augmentation du nombre d’acteurs dans le secteur de la santé, qui entraîne des déséquilibres de pouvoir, de la fragmentation et des chevauchements, qui ont eu une incidence sur les pays en matière de prise en main et de leadership.

L’Assemblée de la Santé a prié le Directeur général de l’OMS de lui soumettre l’année prochaine un rapport final présentant des options et des recommandations concernant la transformation de l’architecture de la santé mondiale.

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Les États Membres examinent les communications du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies en tant que dépositaire de la Constitution de l’OMS

Dans le cadre du sous-point de l’ordre du jour intitulé « Communications du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies en tant que dépositaire de la Constitution de l’Organisation mondiale de la Santé », la Commission B de l’Assemblée mondiale de la Santé a examiné plusieurs propositions relatives à la notification du retrait de l’Argentine de l’Organisation mondiale de la Santé et est parvenue à un consensus sur un texte de compromis.

L’Assemblée, qui, selon la Constitution de l’OMS, est chargée d’examiner ces questions, a pris note de la communication de l’Argentine et a décidé que l’OMS se féliciterait toujours de voir l’Argentine coopérer intégralement aux travaux de l’Organisation, aucune nouvelle mesure n’étant toutefois considérée comme souhaitable au stade actuel.

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Les pays s’accordent sur la toute première résolution de l’Assemblée relative à l’AVC

Aujourd’hui, les déléguées et les délégués ont approuvé la toute première résolution de l’Assemblée mondiale de la santé sur l’AVC, intitulée « Réduire la charge de l’accident vasculaire cérébral : renforcer la prévention, les soins aigus, la réadaptation et la préparation opérationnelle des systèmes de santé ». Proposée par l’Égypte et ayant pour co-auteurs le Chili, la Géorgie, la Palestine, le Paraguay et la Tunisie, cette résolution représente largement les Régions de l’OMS.

Son adoption intervient à un moment critique. Le risque vie entière d’AVC a augmenté de 50 % au cours des 20 dernières années. On estime qu’un adulte sur quatre sera victime d’un AVC au cours de sa vie. Avec environ 93,8 millions de cas, dont 11,9 millions de nouveaux, l’accident vasculaire cérébral (AVC) était en 2021 la troisième cause de décès et de handicap dans le monde.

La résolution appelle à agir de façon plus déterminée au niveau national et mondial pour réduire la charge de l’AVC, grâce à la prévention, aux soins aigus, à la réadaptation et une meilleure préparation opérationnelle des systèmes de santé. Elle renforce également les obligations en matière de présentation de rapports dans le cadre du Plan d’action mondial de l’OMS pour la lutte contre les maladies non transmissibles 2013-2030 et du Plan d’action mondial intersectoriel sur l’épilepsie et les autres troubles neurologiques 2022-2031.

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Les États Membres promeuvent une surveillance intelligente des médicaments et des vaccins

L’Assemblée a approuvé aujourd’hui une résolution visant à renforcer les systèmes de pharmacovigilance dans le monde entier, ce qui représente une avancée historique dans l’amélioration de l’accès à des médicaments sûrs et efficaces. La résolution reconnaît que la surveillance de la sécurité des médicaments et des vaccins en fonction des risques est essentielle pour la sécurité des patientes et des patients, la résilience des systèmes de santé et l’instauration de la couverture sanitaire universelle.

La résolution fait écho aux enseignements tirés de la pandémie de COVID‑19 et d’autres urgences sanitaires, qui ont souligné la nécessité de détecter et de gérer rapidement les signaux de sécurité associés aux médicaments, aux vaccins et aux dispositifs médicaux. Elle met également en lumière les enjeux mondiaux de plus en plus grands, notamment la fragmentation des systèmes de surveillance, l’inégalité des capacités de réglementation et la diffusion de mésinformation et de désinformation, qui peut susciter une certaine méfiance envers la science et les interventions de santé publique.

Les États Membres se sont engagés à moderniser les systèmes nationaux de pharmacovigilance, à intégrer les mécanismes de notification par les patientes et les patients, à améliorer les capacités des personnels et à renforcer la collaboration au niveau national, régional et mondial. La résolution met également en lumière le potentiel croissant des technologies numériques, des données réelles et de l’intelligence artificielle pour améliorer la surveillance de la sécurité et la prise de décisions en matière de réglementation, tout en soulignant l’importance des considérations éthiques, de la transparence, de la gouvernance des données et de la confiance du public.

L’OMS continuera à élaborer des orientations mondiales et des outils techniques sur la pharmacovigilance intelligente, à aider les pays à renforcer les capacités en matière de réglementation et de personnels, et à favoriser une collaboration internationale accrue ainsi que le partage d’informations. Des rapports sur la mise en œuvre de cette résolution seront présentés à l’Assemblée mondiale de la Santé entre 2028 et 2032.

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Approbation d’une nouvelle stratégie mondiale pour améliorer les soins d’urgence, les soins critiques et les soins chirurgicaux susceptibles de sauver des vies

L’Assemblée a approuvé une nouvelle Stratégie mondiale pour les soins d’urgence, les soins critiques et les soins chirurgicaux intégrés, 2026-2035, qui donne aux pays une feuille de route pour renforcer les systèmes de santé et proposer des soins d’urgence, des soins critiques et des soins chirurgicaux plus rapides, abordables et de qualité à tous les niveaux de soins et à l’échelle voulue.

Les problèmes de santé pouvant être pris en charge dans le cadre des soins d’urgence, critiques et chirurgicaux couvrent tous les grands domaines de santé, englobent les principales causes mondiales de décès et de handicap, et sont responsables d’environ 38 millions de décès et 1,3 milliard d’années de vie ajustées sur l’incapacité chaque année. Il est essentiel de disposer de services de soins d’urgence, critiques et chirurgicaux efficaces et intégrés pour atténuer l’impact des risques croissants pour la santé publique, y compris les épidémies, les conflits, les catastrophes et les phénomènes climatiques.

Cependant, de nombreux pays sont confrontés à des difficultés persistantes, notamment à des pénuries de personnel de santé, à l’insuffisance des systèmes de soutien, au manque de compétences, aux limitations des équipements et à des lacunes dans la conception et la prestation des services qui entraînent un retard dans la reconnaissance des maladies et une perturbation de la continuité des soins.

L’OMS définira les orientations et les priorités mondiales en matière de sensibilisation, de partenariats et de réseaux concernant les soins d’urgence, les soins critiques et les soins chirurgicaux, définira de grandes options stratégiques sur la base de données probantes et fournira un appui technique et stratégique aux États Membres. D’ici à la fin de 2026, elle élaborera, en consultation avec les États Membres, un plan d’action assorti d’objectifs pour la mise en œuvre de la stratégie.

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L’Assemblée soutient le renforcement de l’accès équitable à l’imagerie diagnostique par la téléradiologie

Les États Membres ont approuvé aujourd’hui une résolution visant à redoubler d’efforts pour renforcer l’accès équitable à l’imagerie diagnostique essentielle par téléradiologie. L’imagerie est un élément essentiel des soins de santé pour la détection, le diagnostic, la surveillance et la prise en charge en temps opportun des maladies transmissibles et non transmissibles, des traumatismes et d’autres affections, ainsi que pour les soins de santé de la mère et de l’enfant. Cependant, de nombreuses communautés – en particulier celles situées dans des zones isolées ou mal desservies – ont toujours très difficilement accès à des services de radiologie en raison d’un manque de professionnelles et professionnels de l’imagerie formés et d’infrastructures.

La résolution considère que la téléradiologie – l’utilisation des technologies de télécommunication pour transmettre et interpréter des images médicales à distance – est une solution rentable et pratique pour élargir l’accès à des services de diagnostic spécialisés et ainsi renforcer les systèmes de santé et progresser sur la voie de la couverture sanitaire universelle et de l’équité en santé. Elle rappelle également le rôle croissant des technologies de santé numériques et de l’intelligence artificielle dans le domaine de la radiologie, tout en soulignant la nécessité d’assurer une gouvernance solide, la sécurité des patientes et des patients, l’application de normes éthiques, la protection des données et la supervision clinique.

En adoptant cette résolution, les États Membres ont convenu d’intégrer la téléradiologie dans les stratégies nationales de santé et de santé numérique, de renforcer les capacités de réglementation, d’achat et des personnels, d’investir dans des infrastructures numériques sécurisées et de promouvoir la collaboration régionale et internationale.

L’OMS est également priée de fournir une assistance technique, d’élaborer des orientations normatives et de faciliter la coopération mondiale ainsi que le partage des connaissances afin de soutenir la mise en œuvre sûre, éthique et efficace des services de téléradiologie, en particulier dans les pays en développement et les milieux défavorisés.

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Les pays adoptent une résolution historique sur la médecine de précision, accordant une place centrale à l’équité

L’Assemblée a approuvé une résolution historique sur la médecine de précision, qui trace la voie vers des soins de santé plus ciblés, personnalisés et équitables à l’échelle mondiale.

La médecine de précision utilise des données cliniques, moléculaires et génomiques pour guider la prévention, le diagnostic et le traitement – contribuant à garantir que les bons soins parviennent à la bonne personne au bon moment et, ainsi, à en améliorer ainsi les résultats et l’efficacité.

Les États Membres ont souligné que la médecine de précision présente un potentiel important en vue de progresser plus vite sur la voie de la couverture sanitaire universelle. Les données probantes montrent des avantages clairs, qui vont d’une amélioration de la survie grâce à des thérapies ciblées contre le cancer, à un diagnostic plus rapide de maladies rares et à une prescription plus sûre et plus efficace, permettant des soins plus ciblés et plus efficaces.

Cependant, les pays ont insisté sur le fait que des lacunes importantes subsistent. De nombreux pays à revenu faible ou intermédiaire disposent de capacités de laboratoire limitées, sont confrontés à des pénuries de personnels qualifiés et sont sous-représentés dans les données génomiques, ce qui soulève des inquiétudes quant au creusement des inégalités s’il n’est pas remédié à la question de l’accès.

Dans la résolution, il est demandé à l’OMS d’élaborer une stratégie mondiale sur la médecine de précision, si cela est jugé nécessaire lorsque les orientations existantes auront été répertoriées. Il est également demandé à l’OMS de formuler des orientations et d’œuvrer au renforcement des capacités, d’élaborer un cadre d’autoévaluation du niveau de préparation des pays pour l’application de la médecine de précision ainsi qu’une plateforme de collaboration internationale pour appuyer la mise en œuvre par les pays.

Les débats ont mis en lumière à la fois des progrès scientifiques rapides et le risque d’inégalités d’accès. Le texte final met l’accent sur l’utilisation éthique des données, la durabilité et l’alignement sur les objectifs en matière de couverture sanitaire universelle.

À l’avenir, l’OMS apportera son soutien aux États Membres pour traduire les engagements en action et rendra compte des progrès aux futures Assemblées mondiales de la Santé.

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Résolutions sur la santé dans le territoire palestinien occupé et les pays du Moyen-Orient

Le 21 mai, les déléguées et délégués sont convenus, par le projet de résolution EB158.R6 du Conseil exécutif, de continuer de rendre compte de la situation sanitaire dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, à la prochaine Assemblée mondiale de la Santé.

Cette décision fait suite à un rapport du Directeur général mettant en lumière l’aggravation de la crise humanitaire dans le territoire palestinien occupé, où les services de santé sont mis à rude épreuve. Le rapport évoque les attaques répétées visant les services de santé, les pénuries de médicaments, de fournitures et de carburant, ainsi que l’accès limité aux services, malgré le cessez-le-feu annoncé en octobre 2025.

Dans la bande de Gaza, d’après les estimations, le secteur de la santé a subi des pertes s’élevant à 6,78 milliards USD, dont près de 1,39 milliard USD de dommages aux infrastructures. An total, 1947 attaques contre les services de santé ont été enregistrées dans l’ensemble du territoire, dont 986 en Cisjordanie, depuis octobre 2023.

Malgré ces difficultés et le financement limité, l’OMS continue de collaborer avec ses partenaires afin de maintenir les services vitaux et d’appuyer les efforts de relèvement rapide.

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À la suite du débat sur l’escalade en cours au Moyen-Orient, les déléguées et délégués ont approuvé une résolution sur les répercussions sur la santé publique dans les pays du Conseil de coopération du Golfe et en Jordanie.

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Note aux rédactions du 23 mai

La résolution sur les rayonnements et la santé mentionnée dans le bulletin quotidien publié le 22 mai a été incluse prématurément, elle en a donc été supprimée.