La deuxième réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies souligne que la prévention, la préparation et la riposte face aux pandémies exigent une action mondiale qui doit s’appuyer sur les enseignements tirés de la pandémie de COVID-19 et les récents progrès en matière de coopération internationale dans le domaine de la santé.
Les dirigeantes et les dirigeants réunis à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations Unies se sont engagés à nouveau à protéger le monde contre les futures pandémies, en soulignant la nécessité d’investir et d’agir durablement et plus équitablement en matière de prévention, de préparation et de riposte.
L’Assemblée générale a tenu sa deuxième réunion de haut niveau sur la prévention, la préparation et la riposte face aux pandémies, après celle organisée en 2023 compte tenu des problèmes posés par la pandémie de COVID-19 et des lacunes en matière de sécurité sanitaire mondiale. Les pays ont souligné que le renforcement de la prévention, de la préparation et de la riposte face aux pandémies n’est pas uniquement une question de santé, mais relève d’une approche faisant intervenir l’ensemble des pouvoirs publics et de la société, avec la participation des communautés et de tous les secteurs concernés.
Les dirigeantes et les dirigeants ont pris acte des progrès réalisés au cours des trois dernières années pour renforcer les systèmes mondiaux de détection, de préparation et de riposte face aux menaces que représentent les pandémies, dont l’adoption de l’Accord de l’OMS sur les pandémies et des amendements au Règlement sanitaire international (2005). Les capacités et les infrastructures consacrées à la prévention, à la préparation et à la riposte face aux pandémies ont également été renforcées, avec la création de centres mondiaux de surveillance des épidémies et des pandémies, de partage des agents pathogènes et de fabrication locale de vaccins, de traitements et d’outils de diagnostic.
Au cours de la réunion d’aujourd’hui, le Directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a cependant déclaré qu’il fallait agir et investir en continu pour pérenniser les progrès et mieux préparer le monde à faire face à des menaces telles que la COVID-19, qui a causé une surmortalité de plus de 20 millions de décès entre 2020 et 2023 et qui a coûté plus de 10 000 milliards de dollars des États-Unis à l’économie mondiale.
« La pandémie de COVID-19 a mis en lumière et exacerbé les failles de la sécurité sanitaire mondiale, et le monde en a tiré de nombreux enseignements douloureux », a déclaré le Dr Tedros. « L’engagement politique affiché aujourd’hui, qui s’appuie sur ces enseignements, porte sur l’application de mesures concrètes, mesurables et urgentes pour renforcer les capacités locales et nationales, investir dans des systèmes de santé résilients et rendre l’accès aux produits, aux outils et aux ressources plus équitable. »
Les pays ont également souligné qu’il était urgent d’achever les négociations actuelles sur une annexe à l’Accord de l’OMS sur les pandémies en vue d’établir le Système d’accès aux agents pathogènes et de partage des avantages découlant de leur utilisation (PABS).
L’objectif de l’annexe PABS est de mettre en œuvre un système permettant le partage rapide des agents pathogènes à potentiel pandémique, ainsi que des avantages découlant de leur utilisation. Il permettra la recherche, le développement et le partage rapide et équitable des vaccins, des médicaments, des outils de diagnostic et des autres produits de santé découlant de ces agents pathogènes. L’annexe doit être adoptée lors de la prochaine Assemblée mondiale de la Santé, en mai 2027, pour que les États Membres commencent à envisager la ratification de l’Accord de l’OMS sur les pandémies.
« Le Système d’accès aux agents pathogènes et de partage des avantages découlant de leur utilisation, en cours de négociation, est essentiel pour que l’Accord de l’OMS sur les pandémies livre tout son potentiel. Il n’y a pas de temps à perdre », a déclaré Mme Amina Mohammed, Vice-Secrétaire générale de l’Organisation des Nations Unies, s’exprimant au nom du Secrétaire général, M. António Guterres. « J’appelle les États Membres à aller plus vite. Il faut terminer ce qui a été commencé. Achevons l’Accord sur les pandémies que le monde attend », a-t-elle ajouté.
La déclaration souligne que la sécurité sanitaire nationale passe par la solidarité mondiale, et que la coopération internationale est essentielle pour protéger les communautés et les pays contre les menaces transfrontalières.
Sachant que la prévention des pandémies commence bien avant qu’une flambée ne survienne, la déclaration souligne l’importance d’une approche « Une seule santé » portant sur les liens entre santé humaine, santé animale et santé environnementale.
À l’ouverture de la réunion, le Dr Khalilur Rahman, président de la quatre-vingt-unième session de l’Assemblée générale des Nations Unies, a déclaré que la coopération internationale était essentielle pour protéger le monde contre les pandémies futures inévitables grâce à un accès équitable et rapide aux vaccins, aux outils de diagnostic, aux traitements et aux autres fournitures médicales essentielles, à un renforcement des systèmes de santé et à la réduction des déficits de financement persistants afin d’autonomiser les populations et les communautés.
« Nous disposons des connaissances, des outils, des données scientifiques et de l’expertise nécessaires, et nous avons tiré les dures leçons de la pandémie de COVID-19 », a déclaré le Dr Rahman. « Utilisons-les pour nous-mêmes, pour nos familles et pour nos proches. Et aussi en mémoire de celles et ceux qui sont décédés et en hommage à toutes les personnes qui ont souffert, inutilement », a-t-il ajouté.
L’ambassadeur Amar Bendjama, Président du Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC), a déclaré que la préparation, la prévention et la riposte face aux pandémies étaient essentielles pour appliquer le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et atteindre les objectifs de développement durable.
« Pour cela, il faut mener une action intégrée et suffisamment financée, en assurant l’équité et en investissant durablement en faveur de systèmes de santé résilients, de l’accès à la technologie, de la prévention et de l’alerte rapide », a déclaré l’ambassadeur Bendjama. « L’ECOSOC a un rôle crucial à jouer pour que les États Membres, le système des Nations Unies et d’autres parties prenantes améliorent ensemble la cohérence des politiques et l’action coordonnée dans ce domaine. »
Alors que les discussions se sont poursuivies tout au long de la journée, les responsables participant à la réunion de haut niveau ont insisté sur le fait que la prévention, la préparation et la riposte devaient rester des priorités politiques non seulement pendant les crises mais aussi entre les crises. Ils ont souligné que protéger le monde contre de futures pandémies suppose un leadership politique continu, une coopération internationale et des investissements à long terme.
Note aux rédactions
La deuxième réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies sur la prévention, la préparation et la riposte face aux pandémies a eu lieu le 25 septembre 2026 au Siège de l’Organisation des Nations Unies à New York. Les participantes et les participants ont passé en revue les progrès accomplis depuis la réunion de haut niveau de 2023 et ont examiné une Déclaration politique axée sur le renforcement de la prévention, de la préparation et de la riposte face aux pandémies grâce à l’équité, à la solidarité, à la coopération multilatérale et à l’investissement durable. La déclaration devrait être transmise à l’Assemblée générale des Nations Unies pour examen.
Le thème général de la réunion de haut niveau est : « Favoriser une approche multilatérale et intergénérationnelle de la prévention, de la préparation et de la riposte face aux pandémies et aux urgences de santé publique, reposant sur les principes d’équité et de solidarité ».
Au cours de la réunion, deux tables rondes multipartites ont été organisées sur 1) les actions multilatérales nécessaires pour renforcer la prévention, la préparation et la riposte face aux pandémies, et 2) la manière d’assurer un accès équitable aux outils essentiels grâce à la pérennité et la prévisibilité, y compris les capacités et le financement
À propos de l’OMS
Consacrée au bien-être de toutes et de tous et guidée par la science, l’OMS est la cheffe de file et le porte-drapeau des efforts mondiaux visant à donner à chaque personne, où qu’elle se trouve, la chance de mener une vie sûre et en bonne santé. Elle est l’institution du système des Nations Unies chargée de la santé et forme le trait d’union entre les pays, les partenaires et les personnes dans plus de 150 endroits pour diriger la riposte mondiale aux urgences sanitaires, prévenir les maladies, s’attaquer aux causes profondes des problèmes de santé et élargir l’accès aux médicaments et aux soins de santé. Elle a pour mission est d’aider tous les pays à promouvoir, garantir et protéger la santé. « Unissons-nous pour la santé. Soutenons la science », le thème de la Journée mondiale de la santé 2026, marque le coup d’envoi d’une campagne d’un an visant à mettre en avant la science comme fondement de la protection de la santé et du bien-être dans le monde.